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Prix de vente et rentabilité

Marge brute ou majoration sur coût : calculez les deux

Affichez côte à côte le taux de marque (marge sur le prix de vente) et le taux de marge (majoration sur coût) d’une même vente, pour ne plus jamais lire un pourcentage avec le mauvais dénominateur.

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Ce que l’on mesure

Taux de marque et taux de marge partent de la même marge commerciale unitaire : prix de vente HT moins coût d’achat HT. Le taux de marque la rapporte au prix de vente HT ; le taux de marge la rapporte au coût d’achat. Acheteurs et fournisseurs raisonnent souvent sur le coût, alors que la finance et les rapports de rentabilité raisonnent sur le chiffre d’affaires. Ce calculateur affiche les deux pour un produit, afin que devis, grilles tarifaires et objectifs parlent la même langue.

Expliquer cette formule

Calculez d’abord la marge unitaire : prix de vente HT moins coût unitaire. Le taux de marque est cette marge divisée par le prix de vente HT, multipliée par 100 ; dans ce calculateur, il est affiché comme « marge brute (%) ». Le taux de marge est la même marge divisée par le coût d’achat HT, multipliée par 100 ; il est affiché comme « majoration sur coût (%) ». Le numérateur est identique, seul le dénominateur change.

Attention au piège du vocabulaire : en français, le « taux de marge » correspond à ce que l’anglais appelle markup, et le « taux de marque » à ce qu’il appelle margin. Quand la vente est bénéficiaire, le coût est inférieur au prix, donc le taux de marge est toujours supérieur au taux de marque. On passe de l’un à l’autre ainsi : taux de marque = taux de marge ÷ (1 + taux de marge), et taux de marge = taux de marque ÷ (1 − taux de marque), en écrivant les pourcentages en décimales. Le taux de marque ne peut pas atteindre 100 % tant que le coût est positif ; le taux de marge n’a pas de plafond.

Signification de chaque terme

Prix de vente
Prix unitaire hors TVA sauf indication contraire.
Où trouver cette donnée : Le prix facturé pour une unité, hors TVA, après la remise réellement accordée. Doit être supérieur à zéro.
Coût direct unitaire
Coût direct comparable par unité ; sa composition détermine la marge.
Où trouver cette donnée : Le coût direct d’une unité (coût d’achat ou de production, plus transport à l’achat, droits ou emballage selon vos conventions), hors TVA récupérable. Doit être supérieur à zéro pour afficher le taux de marge.
Marge brute (%)
Bénéfice brut divisé par le prix de vente.
Majoration sur coût (%)
Bénéfice brut divisé par le coût, et non par le prix de vente.

Exemple détaillé

Exemple fictif : un produit coûte 40 HT par unité et se vend 50 HT.

  1. Bénéfice brut par unité50 − 40 = 10
  2. Marge brute (%)10 ÷ 50 × 100 = 20 %
  3. Majoration sur coût (%)10 ÷ 40 × 100 = 25 %

Marge brute (%) = 20 %

50 − 40 = 10 de marge unitaire. 10 ÷ 50 × 100 = un taux de marque de 20 % ; 10 ÷ 40 × 100 = un taux de marge (majoration sur coût) de 25 %. Le coefficient multiplicateur prix ÷ coût vaut 1,25. Mêmes 10, deux pourcentages. Si le coût passait à 42 à prix inchangé, la marge unitaire tomberait à 8, le taux de marque à 16 % et le taux de marge à environ 19,05 % ; si le prix passait à 55 avec un coût de 40, la marge unitaire serait de 15, le taux de marque d’environ 27,27 % et le taux de marge de 37,5 %.

Chiffres fictifs, utilisés pour montrer le calcul. Ce ne sont pas des données réelles d’entreprise.

Quand et pourquoi l’utiliser

Utilisez ce calculateur chaque fois qu’un pourcentage circule sans sa base : un fournisseur qui annonce « 30 % de marge », un commercial qui ajoute « 20 % sur le coût », un objectif fixé par la direction financière. Vérifier les deux chiffres prend quelques secondes et évite un objectif manqué d’avance.

Il est particulièrement utile pour construire un prix à partir du coût. Si l’entreprise vise un taux de marque, ajouter ce même pourcentage au coût donnera toujours un prix trop bas. Le calculateur montre quel taux de marge l’objectif exige réellement.

Il aide aussi à rapprocher des documents : grilles de prix de gros ou de détail construites avec un coefficient ou une majoration d’un côté, rapports de rentabilité exprimés en marge brute de l’autre. Convertir l’un dans l’autre évite des conclusions erronées quand les deux séries de chiffres se retrouvent dans la même réunion.

Pourquoi 25 % ajoutés au coût ne font pas 25 % de marge

Prenez un coût de 40 et ajoutez 25 % : le prix devient 50. La marge unitaire est de 10, soit 25 % du coût, mais seulement 20 % du prix. Si l’objectif était un taux de marque de 25 %, il est manqué de cinq points sans la moindre erreur de calcul : le pourcentage a simplement été appliqué à la mauvaise base.

Pour obtenir un taux de marque de 25 % sur un coût de 40, le prix doit être de 40 ÷ (1 − 0,25) ≈ 53,33. La marge unitaire est alors d’environ 13,33, soit 25 % du prix et environ 33,33 % du coût. Autrement dit, un taux de marque de 25 % exige un taux de marge de 33,33 %. L’écart grandit avec le pourcentage : une majoration de 50 % donne un taux de marque de 33,33 %, et une majoration de 100 % (coefficient 2) un taux de marque de 50 %.

Aucun de ces deux taux n’est un bénéfice net. Tous deux décrivent l’écart entre un prix et un coût direct unitaire ; les charges de fonctionnement, les impôts et les frais financiers viennent ensuite. Le taux de marge est un outil de construction du prix ; le taux de marque est une lecture de la part du chiffre d’affaires qui reste après les coûts directs.

Lire et améliorer le résultat

Quand la vente est bénéficiaire, le taux de marge (sur coût) est toujours le plus élevé des deux. L’écart s’élargit à mesure que la marge unitaire grandit par rapport au coût. Précisez systématiquement lequel vous utilisez quand vous partagez un pourcentage.

Si le prix descend sous le coût, les deux deviennent négatifs : le taux de marque exprime la perte en part du prix, le taux de marge en part du coût. Avec un coût nul, le taux de marge n’est pas défini et seul le taux de marque s’affiche.

Leviers concrets

  • Écrire les objectifs en toutes lettres, « taux de marque sur prix de vente HT » ou « taux de marge sur coût d’achat », dans les grilles tarifaires et les modèles de devis.
  • Construire un prix à partir d’un taux de marque visé avec prix = coût ÷ (1 − taux de marque), et non en ajoutant ce taux au coût.
  • Recalculer les deux taux quand les coûts fournisseurs changent : un coefficient constant conserve le même taux de marque, un prix constant non.
  • Vérifier que les remises s’appliquent au prix fixé, et non en diminution implicite de la majoration.

Erreurs fréquentes

  • Ajouter le taux de marque visé au coût et s’attendre à l’obtenir.
  • Comparer la majoration d’un fournisseur avec un rapport interne de marge brute comme s’il s’agissait de la même mesure.
  • Confondre « taux de marge » et « taux de marque », ou traduire markup par « marge ».
  • Utiliser un prix TTC d’un côté et un coût HT de l’autre.
  • Présenter un taux de marque ou de marge comme un bénéfice net.

Comparaison de scénarios

Le scénario prudent baisse le prix de 5 % et augmente le coût de 5 % ; le scénario optimiste fait l’inverse. Avec l’exemple (prix 50, coût 40), le cas prudent donne un prix de 47,50 et un coût de 42, le cas optimiste un prix de 52,50 et un coût de 38.

Observez la réaction de chaque taux : le coût étant au dénominateur du taux de marge, une variation de coût le fait bouger plus fortement que le taux de marque. Servez-vous des scénarios pour vérifier que votre objectif de prix tient si les coûts dérivent.

Méthodologie et limites

Les deux taux reposent sur un prix et un coût unitaires représentatifs. Mix de produits, remises sur volume ou transport variable demandent des calculs séparés ou des moyennes pondérées.

Le résultat n’est comparable que si la base de coût l’est. Un coût qui inclut livraison et frais de paiement donne un ratio proche d’une marge sur coûts variables, pas une marge brute.

Prix et coûts sont supposés hors TVA, et les remises supposées déjà déduites du prix.

Questions fréquentes

Quelle différence entre taux de marge et taux de marque ?

Les deux partent de la même marge unitaire (prix de vente HT − coût d’achat HT). Le taux de marque la divise par le prix de vente HT (margin en anglais), le taux de marge par le coût d’achat HT (markup en anglais). Avec un prix de 50 et un coût de 40 : taux de marque 20 %, taux de marge 25 %.

Comment passer du taux de marge au taux de marque ?

Taux de marque = taux de marge ÷ (1 + taux de marge), en décimales. Un taux de marge de 25 % donne 0,25 ÷ 1,25 = 0,20, soit un taux de marque de 20 %.

Comment passer du taux de marque au taux de marge ?

Taux de marge = taux de marque ÷ (1 − taux de marque). Un taux de marque de 20 % donne 0,20 ÷ 0,80 = 0,25, soit 25 % ; un taux de marque de 25 % exige environ 33,33 % de taux de marge.

Qu’est-ce que le coefficient multiplicateur ?

C’est le rapport prix de vente HT ÷ coût d’achat HT, soit 1 + taux de marge. Un coefficient de 1,25 correspond à un taux de marge de 25 % et à un taux de marque de 20 %.

Le taux de marque peut-il dépasser 100 % ?

Non, tant que le coût est positif, car la marge est toujours inférieure au prix. Le taux de marge n’a pas de plafond : un coût de 10 et un prix de 40 donnent un taux de marge de 300 % mais un taux de marque de 75 %.

Pourquoi le taux de marge ne s’affiche-t-il pas avec un coût nul ?

Il se calcule en divisant par le coût, et la division par zéro n’est pas définie. Le taux de marque reste affiché, car il divise par le prix.

Sources

Dernière relecture :